Jour noir en ce 14 avril

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Le 14 avril est un Jour noir en Corée du Sud. Pas à cause du voisin nord-coréen qui fait planer une menace incessante, mais un jour noir pour les célibataires!

Vous aimez la Saint-Valentin? En Corée du Sud, on célèbre l’amour… presque trois fois plutôt qu’une grâce au génie marketing! Le 14 février, les femmes offrent du chocolat à leurs amoureux. Un mois plus tard, appelé Jour blanc, c’est le retour de l’ascenseur: les hommes donnent à leurs compagnes chocolat blanc (d’où le concept de Jour blanc), biscuits, guimauves… Cette journée est aussi soulignée ailleurs en Asie comme le Japon, le Vietnam et la Chine.

Et qu’arrive-t-il à ceux qui sont célibataires? Ils ont aussi leur journée, celui du Jour noir! Les personnes qui n’ont reçu aucun cadeau le 14 février ou le 14 mars peuvent se consoler en se rassemblant autour d’un bon plat de jajangmyon / 자장면 (nouilles avec une sauce à base d’haricots noirs). Tout ça vêtus de noir, évidemment!

Photo: Wikimedia Commons

 

Et pour revenir à la Corée du Nord. Alors que le reste du monde surveille attentivement le pays ermite en ce moment, le Black Day est le sujet le plus populaire sur le portail web Naver. Comme quoi les Sud-Coréens ne font pas de réserves alimentaires en cas d’attaques, mais se préparent plutôt à célébrer leur célibat!

« Outside South Korea, some people are worried, but we don’t feel like that in our daily lives, » said Choi Na-young, an office worker in central Seoul.

« Usually, the farther one is from Korea, the more one expects there to be war, » said Andrei Lankov, a North Korea expert at Seoul’s Kookmin University.

CNBC

 

Moi et mes yeux bridés

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Toi, jeune garçon assis au restaurant avec ton père et ton frère cadet. Tes beaux yeux bleus m’observaient avec insistance. Avais-je un morceau de salade accroché sur le bout de mon nez? Non, pourtant. Ton papa a aussi embarqué dans cette séance de fixation intense et indiscrète. À un moment, tu as regardé ton père et tu as fais ce geste avec tes deux doigts en étirant tes paupières. Et oui, je suis asiatique-aux-yeux-bridés. Je t’aurais peut-être tiré la langue pour te faire sourire si j’avais senti que c’était de la curiosité. Mais je me sentais comme une bête de scène.

Toi, Québécois, Canadien blanc. Tu n’as jamais eu à avoir ce regard en grandissant. En entrant dans un endroit public et en sachant que tu seras le point de mire. J’ai grandi dans cette région hors de Montréal, où il y avait seulement deux Asiatiques à l’école : mon frère et moi. Le regard des autres n’est pas toujours méchant. La plupart du temps, c’est de la curiosité devant une personne de nationalité différente. Mais tout au long de notre vie, on nous rappelle cette différence alors qu’on est pourtant fait du même matériel biologique. La réalité, c’est que les années passent et notre société reste bien souvent intolérante face à la différence de religion, de nationalité, d’orientation sexuelle.

Mais je vois sous mes yeux une mini évolution.

Toi et toi. Mes deux enfants. Je suis bien heureuse que vous grandissiez aux côtés d’amis d’origine indienne, philippine, québécoise, haïtienne ou anglophone. Vous grandissez en ne voyant pas cette différence que les adultes, eux, voient depuis toujours. Pour vous, la peau basanée de Laureen, l’accent français de Maïa ou les cheveux crépus de Malek ne sont pas des différences, c’est normal! La peau et l’accent peuvent prendre toutes les couleurs. Et c’est justement comme ça qu’on devrait voir le monde : en le coloriant de toutes les couleurs possibles!

 

Corée du Sud : avant et après

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J’aime les photos du passé. Voir ce qui était là avant et ce qui a résisté au temps, voir une époque qu’on ne vivra pas. The New York Public Library a mis des milliers de photos d’archives en ligne. C’est un plaisir d’y fouiller! J’ai pu en trouver quelques-unes de la Corée du Sud, dont deux ci-dessous.

Les photos du passé démontrent à quel point le pays a fait un sacré bond en avant. En voici trois ainsi que des photos de mon voyage en 2015. Coup de chance, deux photos ont la même prise de vue!

Séoul

Séoul était connue sous le nom de Keijo lors de l’occupation japonaise (1910-1945). Photo : The New York Public Library

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Une partie de la ville vue du mont Namsan. Photo : Annie


 

Palais Gyeongbokgung dans les années 1890. Photo : Wikimedia Commons

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Palais Gyeongbokgung aujourd’hui. Photo : Annie


Busan

Photo datant de 1922. Sous l’occupation japonaise, la ville portuaire de Busan s’appelait Fusan. La ville est située au sud-est de la Corée du Sud. Photo : The New York Public Library

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Ville de Busan. Photo : Annie.

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Vue sur le port de Busan. Photo : Annie.

 

À lire aussi : René Lévesque en Corée

D’autres photos d’archives

Tensions Nord-Sud

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J’imagine que plusieurs étrangers en visite en Corée du Sud posent inévitablement ce genre de questions sur la Corée du Nord : Avez-vous peur de possibles attaques? Que pensez-vous du Nord? Espérez-vous un jour la réunification des deux pays?

À Séoul, un ami coréen m’avait pointé les montagnes en me disant : la Corée du Nord est tout juste à côté. Il suffit de rouler pendant 60 km pour traverser de l’autre côté, dans la ville de Kaseong. Pyonggang, elle, est située à 194 km de Séoul. Avec un haussement d’épaules, il m’avait expliqué que ça ne l’inquiétait pas du tout ce qui se passait de l’autre côté. Comme la plupart des Coréens, on dirait.

Ce gazouillis, écrit par le journaliste Frederic Ojardias basé à Séoul, résume ainsi le sentiment des Sud-coréens :

 

D’ailleurs, la vidéo des bloggeurs canadiens Eat You Kimchi, publiée en 2013, va aussi dans ce sens. Allez faire un tour sur leur site web, on y apprend plein de choses sur la vie en Corée du Sud 😉

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Tombée sous le charme de la Corée

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2015-05-25 12.00.35

Le jour du départ vers l’aéroport.

Nous avons passé près de 23 jours au pays du matin calme. Un  voyage où j’ai pu me promener dans les rues de Séoul ou Gwangju, vibrantes d’activités. Où les montagnes, les volcans ou les chutes sont à couper le souffle. Un bon mélange entre modernité et grands espaces verts.

J’ai été étonnée par la beauté de ces montagnes qui s’étendent à l’infini (mes mollets en sont témoins). J’ai pu découvrir une société fascinante, étonnante, qui ressemble en apparence à notre société nord-américaine, sans l’être vraiment. Cela a été une chance de pouvoir vivre, en partie, le quotidien coréen. J’ai aussi une pensée pour ces gens qui nous ont aidé à traîner nos valises dans l’escalier du métro, comme si c’était tout naturel. Pour ce conducteur d’autobus qui est sorti acheté nos billets à notre place, nous voyant un peu désemparés. Pour cette vieille dame qui a consolé mon fils avec un bonbon ou pour cette autre qui a pris fiston sur ses genoux le temps d’un trajet d’autobus. Ou pour cet interprète qui m’a aidé à comprendre ma mère biologique lors de ma deuxième rencontre.

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Tristes retrouvailles

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Dès le départ, je n’avais pas vraiment d’attentes envers ces retrouvailles. Je voulais surtout satisfaire ma curiosité et je n’y allais pas pour chercher des réponses.

J’ai cru un moment qu’elle avait dévoilé mon existence à sa famille. Mais avec la traduction, j’ai compris que ce n’était pas le cas. Elle seule le sait. Et ça semble être un lourd secret à porter. Je lui suis triplement reconnaissante de s’être déplacée dans les circonstances.

Il y avait une grande tristesse dans son regard et sa façon d’être. La vie ne semble pas lui sourire, mais j’ai senti qu’elle était contente de me rencontrer.

Nous avons pris une photo de nous deux. Moi, toute souriante. Elle, très réservée. Ça démontre à quel point nous n’étions pas dans le même état d’esprit.

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Rencontre à prévoir

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Cette mère qui m’a laissé partir il y a 34 ans… J’irai bientôt à sa rencontre. En chair et en os. Elle a accepté de me voir. Une date est même déjà fixée depuis quelques semaines. La première chose qui m’est venue en tête lorsque j’ai lu la nouvelle : où est le guide Choses à dire lors d’une première rencontre?

Nous passerons presque trois heures ensemble, en plus de pouvoir partager un dîner. La dame de l’organisme d’adoption nous servira d’interprète pour cette rencontre. Ça m’inquiète un peu que ce soit elle, car il est arrivé de mal nous comprendre lors de nos échanges par courriel. Dans le pire des cas, je sortirai mes talents de mime!

 

L’album souvenir que je donnerai à ma mère biologique.

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Bébé exportable

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Ce futur voyage me permet de faire de belles rencontres virtuelles et réelles. Des adoptés, comme moi, qui se cherchent un peu. Ou des expatriés qui vivent en Corée et qui tentent d’apprivoiser la vie là-bas. Bref, des gens que je n’aurais jamais croisé si je n’avais pas fait ce projet. C’est très enrichissant comme expérience. Je fouille comme jamais sur un pays. Tout ce qui parle de la Corée m’intéresse. Les différences culturelles me fascinent et m’intriguent.

Une jeune Coréenne et son frère sont posés devant un char d’assaut. Photo : U.S. Navy / Wikimedia Commons

En me penchant sur l’adoption coréenne, je réalise à quel point ce sujet touche une corde sensible parmi les adoptés. Certains ont une opinion assez tranchée sur l’adoption : la Corée n’aurait pas dû et ne devrait plus laisser partir ses enfants. Surtout que le pays est maintenant en bonne situation économique. Il est loin d’être le pays pauvre qu’il était lors de la Guerre de Corée (1950-1953), un pays dévasté qui a laissé plusieurs enfants sans parents. L’adoption internationale a commencé tout juste après, en 1954, pilotée par des organismes religieux.

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Grande aventure et petits désagréments

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Nous avons un magnifique voyage qui nous attend. C’est presque le temps du décompte. Nous avons bien hâte de partir! Je partage avec vous quelques observations. Ne voyez pas ça d’un point de vue négatif. Ça ne fait que pimenter la préparation du voyage!

En Corée, je constate que :

  • Réserver une chambre avec deux lits doubles ressemblent parfois à un casse-tête. La norme semble être du type lit double et lit simple ou trois lits simples. L’enfant unique est-il plus populaire?

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  • La navigation sur des sites web coréens est souvent ardue et intraduisible parce qu’ils utilisent vraiment trop d’images sur leur maquette. Pas moyen de sélectionner le texte pour le faire traduire. Et ils se ressemblent tous. Heureusement, il y en a quelques-uns disponibles en anglais.

 

  • Ce n’est pas parce que c’est dans les guides touristiques que c’est vraiment ouvert. Bien failli faire un détour dans une ville pour visiter un site quasi fantôme. Merci TripAdvisor!

 

  • Pour aller d’une ville à une autre, nous utiliserons un TGV qui vient tout juste d’ouvrir. Yé! Moi qui croyais que c’était déjà en fonction. Je me compte chanceuse de ne pas avoir été là-bas il y a un mois.

 

  • Acheter des billets d’avion pour des vols domestiques est mission impossible. Réservation par internet (en utilisant Internet Explorer, sinon ça ne marche pas) refusée. Appeler en Corée et tomber sur un message automatisé, en coréen bien sûr. Peser sur « 0 » en pensant diriger l’appel à la réceptionniste, sans succès. Changer de carte, recommencer la réservation. Appeler l’institution financière. S’ouvrir un compte client sur le site web de la compagnie aérienne au cas où. Effacer ses cookies. Recommencer.