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Ce futur voyage me permet de faire de belles rencontres virtuelles et réelles. Des adoptés, comme moi, qui se cherchent un peu. Ou des expatriés qui vivent en Corée et qui tentent d’apprivoiser la vie là-bas. Bref, des gens que je n’aurais jamais croisé si je n’avais pas fait ce projet. C’est très enrichissant comme expérience. Je fouille comme jamais sur un pays. Tout ce qui parle de la Corée m’intéresse. Les différences culturelles me fascinent et m’intriguent.

Une jeune Coréenne et son frère sont posés devant un char d’assaut. Photo : U.S. Navy / Wikimedia Commons

En me penchant sur l’adoption coréenne, je réalise à quel point ce sujet touche une corde sensible parmi les adoptés. Certains ont une opinion assez tranchée sur l’adoption : la Corée n’aurait pas dû et ne devrait plus laisser partir ses enfants. Surtout que le pays est maintenant en bonne situation économique. Il est loin d’être le pays pauvre qu’il était lors de la Guerre de Corée (1950-1953), un pays dévasté qui a laissé plusieurs enfants sans parents. L’adoption internationale a commencé tout juste après, en 1954, pilotée par des organismes religieux.

La Corée du Sud était, jusqu’à récemment, une « championne de l’exportation de bébés ». Selon le site du ministère coréen, au total, 162 683 coréens ont été adoptés à l’étranger (statistiques de 2009). Depuis 2012, le nombre d’enfants adoptés à l’international est en baisse. Le pays tente de favoriser l’adoption domestique, rendant plus compliqué l’adoption internationale. En août 2012, la Corée du Sud a mis en place une loi sur l’adoption, obligeant la mère à garder son bébé auprès d’elle pendant au moins 7 jours avant de le laisser en adoption. De plus, elle doit enregistrer la naissance pour que l’enfant puisse la retracer plus tard. Malheureusement, plusieurs mères choisissent d’abandonner leur bébé anonymement et sans laisser de traces, plutôt que d’avoir cette naissance à leur registre familial. Aucun futur mari n’accepterait d’avoir une femme qui a déjà eu un enfant. La loi a fait bondir le nombre de bébés abandonnés. Il faut savoir que même dans un pays pourtant moderne, la mentalité coréenne accepte mal qu’une femme puisse avoir un enfant hors mariage. Ces bébés délaissés sont d’ailleurs le sujet du documentaire The Dropbox.

The Drop Box from Focus on the Family Canada on Vimeo.

L’adoption à l’intérieur même du pays est peu commune. Les liens de sang sont très importants dans la société coréenne. Tellement qu’un couple qui adopte un bébé coréen le cachera à sa famille, le faisant passer pour son enfant biologique (et simulation de grossesse préalable).

Je souhaite très fort que la Corée adopte des mesures pour que les mentalités changent. Ces futures mères ne devraient pas être si désemparées devant un si bel événement. Un jour, ce ne sera plus mal vu d’élever seule son enfant!

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